
Les saisons peuvent-elles avoir une influence sur l’agressivité de nos manants ? On peut le penser. Toutefois les chiffres proposés dans le tableau qui suit doivent être manipulés avec beaucoup de précaution . En effet, la date à laquelle s’est déroulé le fait de violence n’est pas toujours mentionnée. Nous avons alors tenu compte de la date de l’acte dénonçant ce fait. C’est pourquoi la prudence est de rigueur car le moment où l’on intentait une action en justice et le moment des faits variait beaucoup selon les circonstances.
| janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Lierneux | 1 | 3 | 3 | 10 | 6 | 11 | 2 | 5 | 3 | 8 | 5 | 3 |
| Bra | 1 | 1 | 1 | 8 | 4 | 3 | 5 | 1 | ||||
| Ferrières | 2 | 6 | 3 | 3 | 2 | 6 | 3 | 10 | 6 | 2 | 3 | |
| Total | 4 | 9 | 6 | 13 | 8 | 18 | 6 | 13 | 17 | 17 | 12 | 7 |
Loin d’être l’exacte représentation de la vérité, ces chiffres s’accordent néanmoins dans les grandes lignes avec la situation décrite pour l’Artois du XVIe au XVIIe siècle. Robert Muchembled constate en effet que l’identification des mois met en valeur mai, juin et juillet. Par la suite, les combats considérés diminuent par paliers, jusqu'à un minimum situé en janvier et février . Nous ne pouvons pas tirer des conclusions aussi précises que Robert Muchembled, néanmoins on peut affirmer que les mois d’hiver constituent réellement des mois d’apaisement. Le summum de l’explosion de la violence est quant à lui atteint au mois de juin, soit entre le printemps et l’été.
L’explosion de la violence dépend des contacts entre individus. Nous avons déjà fait remarquer que des différences existent entre les bans de Ferrières et de Lierneux. On se bat plus volontiers le dimanche au cabaret à Ferrières. A Lierneux, ce sont principalement des problèmes d’empiétement sur les héritages des manants qui entraînent des réactions de brutalité. On voit donc que tenter d’établir un schéma global des périodes de violences n’est pas possible. La situation du ban de Ferrières ressemble plus à celle de l’Artois des siècles précédents qu’à celle du ban voisin de Lierneux.
Tout ce que l’on peut affirmer sans crainte, c’est que l’hiver voit diminuer les rixes. La raison de cette diminution de la violence à cette période de l’année nous semble évidente : en hiver, on reste chez soi.. Dés lors les conditions possibilité de rentrer en contacte avec autrui sont abaissées et les conflits, eux même aussi, par la force des choses.