
Les archives de la Cour de Bra mentionnent un cas de ce genre. Tout commence lorsque Joseph le Prevost menace de mettre le feu aux maisons « de l’un et de l’autre ». La Cour ordonne alors à ses oncles, frères et soeurs de le garder « pieds et poings liés » . Cette injonction n’est visiblement pas respectée, ce qui fait que le 3 novembre 1728, Joseph le Prévost « est rentré dans ses folies hors bon sens et venu à tel excès de furie qu’ayant mal traitez de la nuit passée la fille de Jean Ferria de Tro qui a été secourue par les voisins assuite du gros bruit et les cris de la ditte fille. Que ce jourd’hui il est venu attaquer l’officier dans sa maison avec une pointe d’une paulme de longueur, et lui a porté un coup ». Heureusement que la porte était là sinon il aurait reçu le coup au ventre. Il a ensuite tiré son grand couteau et a menacé de le tuer, après quoi il a attaqué trois échevins. Une nouvelle fois ordre est donné à sa famille de le garder sous peine de trois florins d’amende . Cela ne sert visiblement à rien car le 6 décembre 1728, on apprend que Joseph a encore « commis divers désordres et dégats la nuit » . Le dernier acte que l’on possède sur cette histoire date du 26 janvier 1729 et rend responsable les membres de sa famille de tous les désordres ultérieurs que Joseph pourrait encore commettre .
Cette histoire laisse apparaître une fois de plus l’énorme importance de la cellule familiale. Tout comme les parents sont responsables des excès commis par leurs enfants, les frères et soeurs et même les oncles et cousins le sont pour un membre de leur famille. Cela n’est visiblement pas de leur goût car l’insensé n’est pas bien gardé. A cela s’ajoute que la Justice ne considère pas le dément comme responsable de ses actes. La folie constitue de ce fait une excuse valable à la violence, sous l’Ancien Régime.