
La procédure à suivre lorsqu’un malfaiteur est arrêté diffère selon les endroits. Le record de Ferrières stipule au niveau de la procédure criminelle que « se unc malfaeteux attomoit ens-en la cour de Ferrier, que on maïeur le doit prendre, et le doit minner en la ferme dè signeur de Ferrrier et là le doit unc dit maïeur destraindre et mettre à gesinne, ses esquevins à plus prest de luy ; et se son fact l’accuse, le maïeur le doit prendre unc chevest en son koul et le doit minner al heest en Omon, à aultretant de drapeaul por son kou à kovrir, et là le doyt livrer unc maëur à unc comissaer, assavoir l’âmonier, troys xhallons hault, et de là en avant doit une almonier faere chu que ilh y affiert, et ne pult quitter unc almonier sens le maïeur, ne le dit maïeur sens l’âmmmonier. Et s’il avenoit qu’ilh ewist à Ferrier unc hommecide, se le doit prendre une maieur et mettre en la maison dè seigneur de Ferrier ; et s’ilh avenoit que unc abbeit le requist four, se covint que unc maïeur hirtable le relivre entre deuz terres à corron del ditte terre de Ferrier en allant vers Longne. Le seigneur de Hébronval doit quand à lui prendre et appréhender le malfaiteur et le « tenyr trois jours et despouiller, et après sur le chemin le livrer au haultain ». On le voit les mesures à prendre sont assez pittoresques.
Lorsqu’après enquête il s’avère qu’une personne doit être arrêtée pour être jugée à la suite d’un crime grave, un décret de prise de corps est pris par la Haute Cour de Stavelot. Il apparaît ici un problème souvent constaté dans nos sources : en cas de crime grave, le criminel qui risque bien souvent sa vie n’a plus rien à perdre et a tout le temps de quitter la petite principauté afin de se cacher ailleurs. La coopération existe cependant entre la principauté et ses voisins : par exemple une demande d’arrestation sur la personne de Pierre Ernest Adnet est adressée par la Cour de Houffalize à la Cour de Lierneux. Ce dernier était convaincu du meurtre de Jean Nielo, prêtre concierge et receveur du comte de Rivière.
Une fois arrêté, le prisonnier est conduit au château de Stavelot qui est l’unique prison de la principauté afin, selon l’expression de l’époque, « de leur faire leur procès à pieds liez comme en justice ». Il existe cependant une mesure qui permet à une personne convaincue d’homicide d‘éviter la prison : la caution. Nous avons un seul cas de ce genre dans nos sources, à l’occasion du meurtre de Oger Crahay par François Hennen. L’acte de caution est passé devant notaire le 05juillet 1736 par les parents de François qui « cautionnent leur dit fils à partir de tous leurs biens meubles et immeubles qu’ils ont à Ferrière ». Cet acte permet à François « de faire ses décharges à pieds libres, et luy accorder copie de l’enqueste ou l’information ».